Aller au contenu principal
ShortStoryRuneterra Prime

Testimony of the Balladeer

Vous, là ! Oui, vous. Vos oreilles de Demacien ont l'air de bien fonctionner. Peut-être assez pour vous arrêter et écouter les avertissements d'un vieil homme qui en a vu de drôles ? Le Gardien errant m'a confié une tâche, voyez-vous... et vous pouvez m'aider !

Je dois récupérer... En fait, il vaut mieux que je vous explique tout.

Allons, approchez. Ne soyez pas timide. Écoutez mon récit, il est vrai...

C'est le son des cloches qui me réveilla cette nuit-là. Le tintement du vieux carillon de ma mère, suspendu dehors depuis deux cents ans, résonnait derrière ma fenêtre. Ma mère se croyait d'ailleurs très maline lorsqu'elle essayait de me convaincre que son chant d'été annonçait l'arrivée des jours chauds et ensoleillés. Je peux compter sur les doigts d'une main les saisons plaisantes que le Creux de Valar a eues durant ma longue vie. Ha ! Mon adolescence passée à couper du bois pour le feu en est la preuve. Il en allait de même pendant cette fameuse nuit ; une tempête hivernale faisait rage.

Je me réveillai en sursaut ; ma porte s'était brutalement ouverte et un froid glacial envahissait ma chambre. Après m'être couvert tant bien que mal avec les peaux les plus chaudes que je possédais, je me dirigeai vers la porte pour la fermer. Mais j'hésitai. Le carillon hurlait toujours. Même s'il me rappelait surtout mon enfance dure et laborieuse, il me permettait encore de me sentir proche de ma mère. Il était hors de question que je le perde ou, pire, que ses gémissements incessants m'empêchent de dormir.

Ne vous méprenez pas, ce carillon avait un certain charme. Les histoires qui racontent comment ma famille en est venue à le posséder sont celles d'un passé glorieux et d'une destinée fantastique. Il avait été forgé avec des lingots d'un métal de guerre parmi les plus rares de Freljord. Après les combats, gagnés comme perdus, les Ramasseurs, mes pauvres mais ingénieux ancêtres, se rendaient sur le champ de bataille pour ramasser ce qui avait été abandonné dans la neige rouge de sang.

« Combien de lingots y avait-il ? » demandai-je un jour à ma mère, pendant qu'elle m'abreuvait de vieilles histoires.

« Il y en avait pour des siècles de collecte », me répondit-elle.

« Et que faisaient les Ramasseurs avec tout ça ? »

« Ils les vendaient à la Griffe hivernale », dit-elle en haussant les épaules, « qui s'en servaient pour fabriquer de nouvelles armes pour les guerres à venir. » Puis elle s'arrêta un instant et sourit lorsque son carillon se mit à chanter. « Mais il nous en restait toujours un peu, pour fabriquer des instruments de vie et non de mort. »

Et c'était vrai, ces précieux carillons berçaient nos terres de leur merveilleuse musique. « Un brin de fortune en ces temps difficiles », me dit-elle. Lorsqu'elle tomba malade, je me mis à prier pour que cette fortune nous vienne en aide. En vain. Le Gardien errant était plus préoccupé par sa merveilleuse musique que par les malades. Il ne me resta bientôt plus que le carillon comme souvenir de l'une comme de l'autre.

Mais je m'égare.

Je pris une profonde inspiration et je m'aventurai dehors. Je n'allai pas très loin. Devant moi, une vision impossible avait interrompu mon élan. Une petite créature translucide flottait là, imperturbable malgré la tempête. Elle n'avait ni ailes ni bras pour se maintenir en place. Et pourtant, elle restait là, comme si un sortilège l'avait épinglée à un bloc d'air. Les deux yeux blancs apposés sur sa tête sphérique commencèrent à luire et à s'animer en même temps que les trois étoiles scintillantes qui ornaient son ventre. À ma grande surprise, le carillon de ma mère répondit. Il commença à s'étendre vers la créature tel un bras d'enfant et à adopter son étrange lueur céleste.

Mais soudain...

Le carillon se fendit ! J'entendis son chant d'été déformé. La fissure s'étendait déjà sur toute la longueur du carillon et des grains de lumière dorés s'échappaient de l'intérieur, comme si les matériaux qui le composaient étaient en train d'être dérobés. Ce n'étaient pas des lumières que cet être volait, c'étaient les larmes de ma mère qui avaient coulé, tandis que cet héritage adoré, bien qu'agaçant, se désagrégeait rapidement. Je ne pouvais pas laisser faire ça. Je n'allais pas laisser faire ça !

Je fonçai dans le blizzard et je m'emparai du carillon. Au moment où je le touchai, j'entendis le son d'une corne au loin. Pourquoi, je n'en savais rien. Je tirai de toutes mes forces, en vain. La magie de la créature était trop puissante. Pire encore, je sentis mon corps se soulever et mes pieds quitter le sol. Bientôt, je m'envolai vers les cieux, traîné dans les nuages par cette satanée bestiole !

CRAC ! Une autre fissure venait de lézarder le carillon. Et alors, je vis une forme apparaître. Un éclat, un morceau de quelque chose qui se matérialisait entre nous. À cet instant, je pensai que c'était la seule chose capable de me sauver et je m'en saisis.

Je jetai un regard à la créature, mais elle avait disparu. À la place, le Gardien errant se dressait devant moi dans toute sa splendeur mystique. Il avait fallu une vie entière de prière pour qu'il apparaisse, et comme ma mère me l'avait promis, le carillon l'avait appelé. Bard semblait me dévisager en retour... sonder mon esprit, comme si ma présence ici attisait sa curiosité. Mais il était trop tard pour expliquer.

Une bourrasque de vent et une vague de chaleur m'enveloppèrent d'un coup. Mon bras sembla s'allonger comme une liane. Mon corps le suivit en se tordant et en tourbillonnant tandis que j'étais transporté quelque part... dans un lieu éthéré !

Mais tenez, le vieux dulcimer de ma mère va m'aider à vous chanter l'endroit où j'ai atterri...

Les cloches,

C'est leur son qui décrit la vue. Divine, la musique de Bard est apparue. Avec cordes, tambours et flûtes célestes.

Bard m'a ouvert le cosmos d'un geste. J'ai ressenti le début, la fin et l'entre-deux, Là où les vagues animent une mer sans feux. Là, Sol faisait sonner les premières étoiles,

Aucun humain n'était venu derrière le voile. Mes oreilles seules connaissent la forme de l'action, Cette symphonie m'a changé par réflexion, Mon corps mortel soudain s'est transformé,

Je suis désormais un esprit, un Meep céleste, Transfiguré comme les Manifestations de ce rêve modeste. J'ai chanté avec Bard dans tout le royaume sonique, J'ai veillé à ses besoins pour une durée cosmique.

Les cloches ! Les cloches ! Les cloches !

Mais c'est alors qu'une cloche se tordit, Que les ténèbres ont voulu taire le chant. C'est à mon maître et mes camarades que je l'ai dit. Nous avons voyagé pour que tout soit comme avant.

Nous sommes arrivés devant une gueule béante, Un trou sans son et sans lueur. Mes oreilles contemplèrent les ténèbres accablantes, Et mon âme s'emplit de la plus grande terreur.

J'ai peur que les essaims pour moi aient chanté, Une chanson qui n'a pas de début, juste une fin. Car ce que dans l'inconnu j'ai vu miroiter, C'est ma musique avec un sombre refrain.

J'ai reconcentré mon ouïe vers le divin, Je me suis retourné vers ce qui est bon et bien, Mais j'ai perçu la faille, Néant séparateur, Et j'ai vu la lumière face à son destructeur !

Les cloches ! Les cloches ! Les cloches !

En millions de fragments tombèrent ces carillons, Sur les terres fractionnées par sombre malédiction. La cloche qui sonnait le rythme et le temps, L'hymne de Runeterra, ce pourrait être la fin de son chant.

Pour retrouver les notes et fermer les portes, Bard nous a envoyés ici en cohortes. Pour chaque éclat, il nous faut refermer Ce que le Néant a ouvert à son arrivée !

Les cloches ! Les cloches ! Les cloches !

Ainsi, humain de nouveau, je me suis réveillé, Au Creux de Valar, j'étais retourné. J'ai arraché le carillon de ma mère, Pour réparer la cloche, c'est à Bard que je l'ai offert.

Depuis, ma tâche est de trouver plus de carillons, À travers vents, pluies, mers et monts. Je prie pour que chaque trésor rembobine Cette musique du Néant qui me ruine.

Les cloches ! Les cloches ! Les cloches !

Cher Demacien, j'ai fait un bien long chemin pour prévenir tout le monde que les ténèbres veulent réduire au silence la musique de ce monde. Runeterra est une cloche, une cloche-monde, qui a été corrompue par le mal. Ses fragments, ses carillons, doivent être retrouvés pour restaurer son intégrité.

La première étape est de placer tous les métaux précieux en votre possession dans mon panier. Je vais les prendre, les inspecter et leur chanter la musique divine de Bard pour retirer tous les carillons de la cloche-monde qui s'y trouvent. Je vous rendrai bien sûr toutes les parties sans carillons.

Non ! Attendez ! Ne partez pas ! C'est la vérité ! Écoutez, par pitié. Nous n'avons que peu de temps. La fin du monde est proche...

Et seuls Bard et ses Meeps peuvent nous sauver...

Champions impliqués

bard